Portail internet / Patrimoine / newExplorer / Accueil Explorer les collections / Musee Atger

Accueil Patrimoine > Explorer les collections > Musée Atger

 

 

Historique de la collection

Mille dessins et quelque cinq mille estampes, signés des plus grands noms comme d’artistes plus méconnus, forment le Musée Atger, le plus ancien musée de Montpellier, niché au cœur des bâtiments historiques de la faculté de Médecine. Sa présence inattendue en ces lieux résulte de la générosité et de la volonté du collectionneur montpelliérain Xavier Atger (1758-1833) : c’est lui en effet qui fit don à la « bibliothèque de l’Ecole de médecine », par livraisons successives entre 1813 et 1832, des œuvres d’art qu’il avait rassemblées avec passion sa vie durant.
Abritée dans les anciens salons d’apparat de l’évêché décorés de gypseries, au premier étage de la Faculté, la collection Atger constitue un ensemble de haut intérêt artistique. On a pu dire, eu égard à leur qualité, que les dessins du musée formaient la deuxième collection française après celle du Louvre.

 

Composition de la collection

L'Ecole française est la mieux représentée, avec quelques chefs-d’œuvre, comme les douze dessins de J.H. Fragonard, dont les portraits (Portrait de M. Bergeret, Le Postillon, etc.) témoignent tout particulièrement de la finesse et du talent. Hubert Robert, M.L.E. Vigée-Lebrun, Oudry, et pour le XVIIe siècle Charles Lebrun ou Philippe de Champaigne, composent un panorama riche et varié.
La collection française se caractérise également par la présence forte et délibérée de « plusieurs de nos artistes distingués auxquels ont donné naissance nos villes méridionales » : le montpelliérain Sébastien Bourdon, le nîmois Charles Natoire (dont le musée possède 67 dessins) ou le marseillais Pierre Puget en sont quelques exemples.
S’ils ne sont pas les plus nombreux (136 au total), les dessins de l’Ecole italienne comptent néanmoins parmi les plus beaux du musée Atger. Les plus grands noms s’unissent pour former un ensemble prestigieux. Le Guerchin, les Carrache, Andrea del Sarto ou Tintoret sont quelques-uns des plus célèbres. Mais le fleuron de la collection est sans conteste le vénitien Giambattista Tiepolo ; avec ses vingt-six dessins, le musée Atger possède la plus importante collection publique française de cet artiste. Il y fait montre d’une verve et d’une vivacité exceptionnelle, et suffit à faire comprendre la préférence d’Atger pour le dessin, cet art où il voyait « une chaleur, une énergie et une expression » rarement égalées dans les tableaux, ces « copies colorées ».

 

L'Ecole du Nord, enfin, rassemble les artistes allemands, polonais, belges ou suisses, mais surtout flamands et hollandais. On peut citer les deux feuilles de Jan Brueghel (dit de Velours), le Christ au tombeau et les deux études de portraits de Van Dyck, et bien sûr Rubens, dont le musée possède deux dessins aux thèmes classiques. Un peu moins nombreux que ceux de l’Ecole italienne, les dessins de paysages, portraits, animaux ou scènes mythologiques de l’Ecole du Nord n’en sont pas moins d’une grande finesse et d’un remarquable intérêt artistique.
Il faut rajouter à cet ensemble les estampes, souvent conservées dans de volumineux albums, et une trentaine de tableaux, dont le plus marquant est celui de Michel Serre, représentant un épisode de la Peste de Marseille de 1720 : le quai de la Tourette.
Encouragée par les dons d’Atger, la faculté achète à l’époque quelques tableaux. La collection est complétée par d’autres donateurs, notamment le peintre montpelliérain Jacques Bestieu (1754-1842) et plus tard Bonaventure Laurens (1801-1880). Mais les dons restent sporadiques, jusqu’à celui, en 2005 et 2017, de plus de 80 dessins, figures, portraits et paysages, de l’artiste Richarme (1904-1991).